Le point mensuel - Janvier 2026

C'est l'heure de faire le point sur ce que j'ai lu et vu ce mois-ci ! Bonne lecture !


— Lectures

Manga


Devenir enfin moi-même
¬ Yuna Hirasawa - Glénat

C'est un manga autobiographique dans lequel la mangaka raconte son voyage en Thaïlande pour subir l’opération qui va "finaliser" sa transition. On suit de très près son expérience à l’hôpital, les échanges avec le corps médical, les douleurs, les complications et toutes les petites et grandes réalités pratiques auxquelles elle est confrontée. C’est un récit extrêmement instructif d’un point de vue technique. On apprend énormément de choses sur le déroulement concret de la chirurgie et plus largement, sur la dysphorie de genre et ce qu’elle implique au quotidien. En revanche, j’ai trouvé que la dimension psychologique restait un peu en retrait. Il y a bien quelques passages sur le regard des autres, le poids de la société, le rapport au corps et à l’identité, mais cela reste assez anecdotique comparé à la partie purement médicale. Graphiquement, ce n’est pas forcément le style qui me parle le plus, mais ici le propos prend clairement le dessus sur le dessin, au point que cela ne m’a pas gêné pendant la lecture.
Au final, c’est une lecture intéressante et utile, qui contribue à mieux comprendre le vécu des personnes trans, sans jugement et avec beaucoup de sincérité !

Lecture dans le cadre du Club De Lecture de Janvier d'Artnachronisme (Ariane).

Dragon & Caméléon - T.1 à 3
¬ Ryo Ishiyama - Mana Books

T.1 - J’avais déjà lu le premier chapitre et l’idée m’avait tout de suite plu, même si elle restait assez simple sur le papier. Avec ce premier tome complet, j’ai vraiment été conquis par la proposition. On est sur un scénario sommes toute classique mais l'histoire reste intéressante, en abordant le rapport à la célébrité et les coulisses du métier de mangaka. Le scénario, sans révolutionner le genre, parvient à maintenir l’intérêt tout du long et donne clairement envie de lire la suite ! Le trait m’a énormément plu. C'est dynamique, expressif, à la limite du fantastique parfois. On sent l’énergie et la tension du monde du manga. Au final, c’est un premier tome très efficace, porté par un dessin accrocheur et une idée simple mais bien exploitée. Une belle entrée en matière, qui donne franchement envie de voir jusqu’où ira cette dualité !

T.2 - Le tome 2 tranche un peu avec le premier en se concentrant presque exclusivement sur Shinobu (dans le corps de Garyo), qui participe à un concours de talents organisé par son éditeur. Ce cadre plus resserré permet d’introduire de nouveaux personnages et de plonger davantage dans la compétition entre mangakas. Ça se lit vraiment bien, le rythme est fluide, les enjeux sont clairs, et le travail graphique reste toujours aussi agréable et maîtrisé. On sent que l’auteur s’amuse avec les codes du milieu éditorial, tout en continuant à développer son univers.

T.3 - Dans le troisième tome, une nouvelle éditrice fait son apparition. Elle décide de reprendre Shinobu sous son aile et lui propose de dessiner pour son propre magazine. Sur le papier, l’idée est bonne, mais dans les faits, le personnage est très (trop) sexualisé, et son écriture ne m’a pas vraiment convaincu. Du coup, ce tome m’a un peu moins plu que les précédents, même si l’ensemble reste correct et que l’on a quand même envie de voir ce que l’auteur compte faire de cette nouvelle dynamique. Il faudra voir dans les tomes suivants si cette piste est mieux exploitée et si le manga retrouve le niveau qui m’avait tant accroché au départ.

— Visionnages

Anime


100 Meters

¬ Kenji Iwaisawa / ROCK'N ROLL MOUNTAIN - Netflix

J'ai entendu parler de ce projet sur les réseaux et m'y suis intéressé sur le tard (il est sorti les décembre 2025). Je n'avais aucune attente particulière, je consomme très peu de manga/anime sportif, donc je ne savais pas trop ce que j'allais voir. J'avais juste vu un article de Catsuka qui parlait de la technique utilisée par le studio d'animation, la rotoscopie, et le rendu avait l'air vraiment bien.

Après avoir vu le film, clairement sa réalisation, son animation, c'est son GROS point fort ! Ca fonctionne vraiment bien, que ce soit de "simples" scènes ou des scènes d'action, le rendu est impeccable, hyper réaliste. Visuellement, j'ai adoré! La scène de début de course sous la pluie est exceptionnelle et semble avoir marqué les esprits !

Niveau scénario, je suis un peu moins enjoué, même si au global j'ai apprécié ce que j'ai vu, j'ai trouvé que cela manquait parfois de profondeur. Certaines choses ne sont pas abordées, le spectateur est laissé libre d'imaginer ce qu'il se passe et end l'occurence je ne trouve pas ce choix particulièrement intéressant, on perds en potentiel psychologique, ce qui pourrait pourtant avoir une place très importante ! Je ne sais pas si le mange dont il est adapté approfondis un peu ces aspects, il faudra que je le lise (non édité en France actuellement). Le personnage de Komiya est celui qui m'a donné le plus ce ressenti de "non dit" manquant. Togashi un peu moins, encore que cela aurait pu être développé davantage. Les personnages secondaires mériteraient aussi un poil plus de développement pour que le tout soit excellent.

Au final, j'ai vraiment apprécié ce film d'animation, qui même s'il n'est pas exempt de défauts, reste une réussite visuelle ! A voir !

Du mouvement de la terre
¬ Kenichi Shimizu / Madhouse - Netflix

Après avoir vu 100 Meters, je ne pouvais pas passer à côté de l’adaptation animée de Du mouvement de la terre, tirée du manga du même auteur. L’introduction est vraiment bien amenée : on est très vite happé par le scénario et par cette ambiance d’Europe de fin du Moyen Âge, où la religion écrase toute contestation. Certaines mentalités de l’époque m’ont donné envie de tout casser tant elles sont étouffantes, mais c’est justement ce qui rend la tension si palpable.
La première partie de l’anime m’a tenu en haleine, même si je l’ai trouvée un peu longue et redondante sur la fin. Malgré ça, le propos sur la survie des idées progressistes face à la répression est vraiment intéressant, d’autant qu’il s’appuie sur une base historique crédible, ce qui renforce l’impact du récit. L’anime m’a suffisamment accroché pour que, une fois terminé, j’aille creuser un peu plus du côté de l’histoire et de la cosmologie. Une œuvre imparfaite, mais stimulante et riche en réflexions.

Documentaire


Le Chant des Forets
¬ Vincent Munier

J'ai pu voir au cinéma ce film documentaire contemplatif qui nous plonge au cœur des Vosges à travers le regard de trois générations : Vincent Munier, son père Michel et son fils Simon. On y suit leurs affûts silencieux, centrés autour de quelques animaux emblématiques de la forêt, dont certains devenus très rares. Les images sont magnifiques, portées par une musique parfaitement adaptée, qui renforce l’immersion et la dimension presque poétique du film.
Au‑delà de la beauté des paysages et de la faune, le documentaire porte un message fort sur la fragilité du vivant, symbolisée par le grand tétras, autrefois présent dans les Vosges et désormais disparu, notamment à cause du changement climatique et de l'activité humaine. Le fait de devoir aller jusqu’en Norvège pour en observer un souligne avec douceur mais fermeté l’ampleur de ce que nous sommes en train de perdre. Un film à la fois beau, apaisant et nécessaire.

Sumo


Hatsu Basho

Quel tournoi de la part d’Atamifuji et d’Aonishiki ! Ce dernier signe un deuxième yūshō consécutif et s’impose désormais clairement comme un sérieux candidat au rang de prochain yokozuna. Concernant les deux yokozuna actuels, leur performance globale reste correcte, mais on est en droit d’attendre un peu mieux de leur part. Espérons surtout que leurs blessures ne les handicaperont pas trop d’ici le prochain tournoi, afin de les voir évoluer à leur plein potentiel.

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