Le point mensuel - Février 2026

Pas mal de lectures de mon côté sur ce mois de février pourtant relativement court ! Bonne lecture !

— Lectures

Manga

BL Métamorphose
¬ Kaori Tsurutani - Ki-oon

C'est avant tout le dessin qui a attiré mon regard sur ce manga ! C'est est un Slice of Life d'une grande tendresse qui dépasse largement son sujet. L'histoire raconte la rencontre improbable entre Yuki, 75 ans, et Urara, une lycéenne libraire, réunies par la découverte du Boy's Love. J'ai adoré la synergie entre ces deux femmes. C'est amusant de voir le contraste entre Urara, qui cache sa passion et Mme Ichinoi qui se moque du regard des autres. Leur relation est un magnifique échange où Mme Ichinoi devient un pilier pour l'adolescente, lui donnant cette confiance qui lui manque tant. Le récit gagne aussi en réalisme grâce au trio formé par Urara, son ami d'enfance Tsumu, et la copine de ce dernier, Eri. C'est un mélange complexe d'amour et d'amitié, parfois teinté de jalousies, mais qui permet finalement à tout le monde de grandir face aux changements inévitables de la vie. Si le thème central est le BL, c'est finalement une "excuse" pour une histoire universelle sur les passions qui nous lient.
Une lecture dont on ressort souriant et nostalgique, que je ne peux que vous conseiller !

Ichi The Witch
¬ Osamu Nishi / Shiro Usazaki - Ki-oon

Dans cet univers où la magie prend la forme de créatures vivantes appelées majiks, normalement réservées aux femmes, on fait la connaissance d’Ichi, un jeune garçon qui a grandi seul, à la dure, en pleine montagne. En devenant le tout premier sorcier de l’Histoire, il vient bousculer l’ordre établi. Derrière son côté sauvage et sa grande naïveté, Ichi est un héros qui a tout à apprendre de la vie, et le voir découvrir ce que signifient réellement l’amitié, l’entraide ou la famille est à la fois intéressant et touchant. Les autres personnages ont, eux aussi, une vraie utilité dans le récit. On découvre une galerie de sorcières aux caractères bien trempés, qui donnent de la profondeur à l’univers et enrichissent chaque interaction. Le manga prend le temps de les installer, ce qui permet de les apprécier à leur juste valeur et donne envie de voir évoluer tout ce petit monde au fil des chapitres.

En lisant la prépublication sur Manga Nova, j’ai vraiment eu l’impression que la série prenait son temps pour poser les bases de son univers dans ce qui correspond aux deux premiers tomes. C’est en avançant que l’on mesure tout son potentiel : les intrigues se densifient, les enjeux émotionnels se précisent et le suspense monte progressivement. Visuellement, c’est une franche réussite, avec un chara-design qui est un vrai coup de cœur. L’humour est très présent, mais en ce qui me concerne, il a parfaitement fonctionné et certaines scènes m’ont vraiment fait beaucoup rire !

Les deux premiers volumes sont sortis le 12 février, et vous pouvez même lire gratuitement les trois premiers chapitres en ligne sur Manga Nova. Si vous aimez les séries d’aventure portées par un univers soigné et un casting attachant, Ichi the Witch vaut clairement le détour !

Un été à Tsurumaki
¬ Shin'ya Komatsu - IMHO

L'histoire de ce one-shot nous plonge dans les aventures estivales du jeune Mitsuru. Tout commence le dernier jour d'école, lorsqu'il décide de prendre soin d'une plante restée en classe, qui s'avère en réalité être « habitée ». À partir de cet instant, on réalise petit à petit que le récit dépasse le simple cadre de la tranche de vie pour basculer vers une véritable aventure fantastique, à la fois douce et surprenante.

Ce qui m'a particulièrement touché, c'est que cette œuvre se révèle être une magnifique ode à la nature. Le récit aborde avec beaucoup de justesse la cohabitation entre l'humain et son environnement, ainsi que le lien profond qui nous y unit. Ces thématiques sont brillamment mises en scène par le biais du fantastique. Ainsi, derrière ses allures d'histoire mignonne et réconfortante, le manga s'impose comme une lecture subtilement engagée.

Visuellement, c'est également une très belle découverte. Si son trait un brin enfantin ne fera peut-être pas l'unanimité, je trouve personnellement ce style graphique particulièrement réussi. Il colle à merveille à l'ambiance du récit et vient renforcer ce profond sentiment de nostalgie estivale que l'on ressent tout au long de la lecture. Je ne peux que vous la recommander !


Que reste-t-il de nos rêves
¬ Yumi Sudo - Atelier Akatombo

Ce manga nous entraîne d'emblée dans une mélancolie saisissante. Le récit s'ouvre sur Kiyoko, une arrière-grand-mère à la mémoire chancelante, dont la lucidité renaît le temps d'une ultime visite : celle de Mitsu, son amour de jeunesse. Le décès de cette dernière, survenu au lendemain de leurs retrouvailles, agit comme un déclencheur, poussant Kiyoko à replonger dans son passé. Construit habilement à rebours, le manga détricote une relation complexe et étouffée par les non-dits, révélant toute l'amertume d'une passion qui n'a jamais pu s'épanouir pleinement.

Au-delà de l'histoire intime, l'œuvre dépeint avec une grande justesse le poids écrasant du patriarcat et la pression sociale pesant sur les femmes dans le Japon d'après-guerre. Ce carcan culmine lors d'une tentative de suicide à deux, une séquence poignante dont la symbolique garde volontairement une part d'obscurité. Cet événement marque pourtant un changement cruel et ironique : celle qui semblait la plus libre finit enfermée dans le schéma marital qu'elle rejetait, tandis que l'autre parvient finalement à s'émanciper. Ce renversement des destins vient renforcer le profond sentiment de désillusion qui traverse l'œuvre.

Sur la forme, l'idée de remonter le fil du temps est un choix narratif intéressant qui donne de la profondeur à la relation qu'ont construites les deux femmes. Visuellement, c'est plutôt réussi sans non plus que ce soit magnifique. C’est une lecture touchante et poétique, mais qui laisse un goût amer face au drame de ces destins inachevés... 

Lecture dans le cadre du Club De Lecture de Janvier d'Artnachronisme (Ariane).

Celle que je suis
¬ Suwaru Koko / Bingo Morihashi - Akata

Ce manga nous transporte dans le Tokyo des années 80, où on y suit Yûji. Cet étudiant semble étouffer sous le poids de deux lourds secrets : l'amour inavouable qu'il voue à son meilleur ami et un profond mal-être lié à son identité de genre. Avec une justesse désarmante, le récit explore la transidentité, le douloureux cheminement vers l'acceptation de soi et la terreur du jugement d'autrui. Entre amours à sens unique et quête de vérité, c'est une chronique d'une jeunesse où les émotions restent constamment à fleur de peau.

Le cadre temporel n'est d'ailleurs pas qu'un simple décor, dans cette époque où l'homosexualité et les questions de genre demeurent d'immenses tabous, la pression sociale agit comme un étau. Ce poids oppressant ne pèse pas uniquement sur Yûji, puisque les protagonistes féminines mènent leurs propres combats contre des carcans patriarcaux implacables, se débattant entre mariages arrangés et étiquettes réductrices de "garçons manqués". À travers ses personnages, l'œuvre dépeint une poignante soif d'émancipation au sein d'une société qui n'accorde que trop peu de place à la différence.

Bien que les thématiques abordées soient complexes et parsemées de souffrances, ce manga se démarque par sa douceur et son regard résolument positif. Sans jamais minimiser les drames intimes, le manga fait le choix de délivrer un message porteur d'espoir. Le tout accompagné d'un dessin très réussi qui mets en valeur le récit !

Lost Lad London
¬ Shima Shinya - Ki-Oon

Dans ce manga, on suit Al, un étudiant discret dont le quotidien bien rangé vole en éclats lorsque le maire de la ville est assassiné dans son train. Persuadé d'être hors de cause, le jeune homme découvre avec effroi un couteau ensanglanté dans son manteau, juste avant qu'Ellis, un inspecteur bourru hanté par une ancienne erreur judiciaire, ne frappe à sa porte. Le décor est planté rapidement, propulsant malgré lui cet étudiant ordinaire au rang de suspect numéro un.

Si l'intrigue s'annonce captivante, son exécution souffre malheureusement d'une certaine précipitation. Bouclé en seulement trois tomes, le récit s'avère un peu trop expéditif et aurait largement mérité de prendre son temps pour approfondir ses enjeux. De ce fait, le récit souffre de facilités et raccourcis scénaristiques parfois un peu gros pour faire avancer l'enquête. Les ficelles du mystère et le dénouement de l'affaire se devinent assez rapidement, ce qui atténue l'impact du suspense.

Malgré ça, la lecture n'en reste pas moins très plaisante, portée par deux atouts majeurs. Le premier est visuel : avec son style hybride particulièrement réussi, à mi-chemin entre le manga et le comics, l'œuvre s'offre une identité graphique forte et percutante. Le second réside dans l'humain. Finalement, l'intérêt de ce titre se trouve moins dans la résolution du meurtre que dans l'évolution de la relation entre nos deux protagonistes. Ce duo improbable fonctionne à merveille, et c'est ce qu'Al et Ellis s'apportent mutuellement qui fait tout le sel de cette courte, mais agréable, escapade londonienne !

BD


Albertine à disparu
¬ Vincent Guerrier / François Vignolle / Vincenzo Bizzarri - Glénat

C'est d'abord le dessin qui m'a attiré : visuellement, le style m'a beaucoup plu. Cependant, mon ressenti global reste mitigé en raison d'un vrai fossé entre mes attentes et la nature du récit. Vendu comme un polar social, le scénario est en réalité très passif et se contente de suivre les errances du maire de la commune. Je m'attendais à une véritable enquête et ce manque de dynamisme a fini par lasser mon intérêt, malgré la beauté du trait. Même si le message de fond sur l'isolement de nos aînés est clair, le traitement trop contemplatif m'a empêché d'être réellement touché.

Le constat est le même pour la fin. Face au drame, on assiste au choc des villageois, aux querelles et à l'emballement médiatique, mais sans aucune révélation marquante. C'est une conclusion réaliste et triste, certes, mais bien trop plate pour m'emporter comme je l'espérais.
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— Visionnages

Anime

Le Prisme de l'Amour
¬ Yoko Kamio / WIT Studio - Netflix

Ce qui m'a d'abord séduit, c'est l'aspect visuel : malgré une animation assez classique et parfois en manque de dynamisme, les illustrations et le design des personnages rendent l'ensemble magnifique. L'ambiance est l'autre grand point fort de l'œuvre. Être plongé dans le Londres d'avant-guerre donne un vrai cachet à l'histoire et offre un cadre parfait pour suivre Lili, jeune Japonaise intégrant une prestigieuse Académie des Beaux-Arts.

Le scénario gère d'ailleurs avec justesse son décalage culturel avec ses nouveaux amis. Il s'amuse des clichés sans jamais tomber dans l'excès, apportant beaucoup de légèreté au récit, notamment grâce à Dorothy. Côté dynamique de groupe, j'avoue que l'attitude de Kit m'a un peu agacé au début : jouer l'artiste fauché quand on est issu de la noblesse, bon… Heureusement, Lili et Peter sont là pour lui rappeler le fossé social qui les sépare.

En parlant de Kit et Lili, leur relation m'a souvent donné envie de les secouer. Leurs non-dits compliquent tout, là où une simple discussion aurait suffi (même si, sans cela, l'anime n'aurait duré que trois épisodes). On finit toutefois par comprendre que ce sont justement leurs différences qui imposent cette fameuse retenue, rendant leur duo si particulier. Au final, j'ai passé un excellent moment devant cette œuvre belle et attachante, que je vous recommande !

A Mangaka’s Weirdly Wonderful Workplace
¬ Kaoru Suzuki / Voil - Crunchyroll

Cet anime nous plonge dans le quotidien chaotique de Nana Futami, une jeune mangaka en plein surmenage face à la sérialisation de sa première œuvre. Entre les deadlines, les problèmes de santé et un cruel manque de confiance en elle, elle tente de remonter la pente grâce au soutien de son assistante et de son éditeur. Si l'anime s'avère plutôt intéressant lorsqu'il explore de manière réaliste les coulisses du monde du manga et les rouages impitoyables de l'édition, le reste de l'intrigue peine malheureusement à décoller.  J'ai apprécié le regard porté sur ce milieu professionnel si particulier, mais l'histoire globale et le développement des personnages ne parviennent jamais vraiment à nous transcender.

Films / Cinéma


Les Légendaires
¬ Guillaume Ivernel / Antoine Schoumsky

N'étant que très peu familier avec la bande dessinée d'origine, c'est un peu par hasard que je suis allé voir ce film d'animation au cinéma. L'occasion s'y prêtait parfaitement : mon fils venait tout juste d'emprunter les deux premiers tomes à la médiathèque ! C'est donc avec un œil neuf que nous avons découvert cette équipe d'intrépides aventuriers qui, frappés par une terrible malédiction, se retrouvent soudainement transformés en enfants de dix ans. Pour briser ce sortilège d'enfance éternelle, Danaël, Jadina, Gryf, Shimy et Razzia n'ont d'autre choix que d'unir leurs forces face au redoutable sorcier Darkhell.

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce fut une excellente surprise ! Visuellement, le passage sur grand écran est une véritable réussite. Le film bénéficie d'une très belle direction artistique, avec des villes et des décors particulièrement soignés dans lesquels on prend plaisir à s'immerger. Côté intrigue, le scénario ne cherche pas à faire dans la complexité, mais c'est justement ce qui fait sa force : l'histoire va à l'essentiel et ça fonctionne parfaitement. Bien que l'aventure soit avant tout pensée et calibrée pour un jeune public, elle possède suffisamment de charme et de dynamisme pour que les adultes y trouvent également leur compte.

Alors que je me rendais en salle sans attentes particulières, j'en suis ressorti vraiment ravi par ce divertissement familial d'une grande efficacité. C'est une porte d'entrée idéale et très accessible pour découvrir cet univers coloré. En attendant de voir la suite de leurs aventures au cinéma, cette séance nous a donné très envie de prolonger l'expérience en nous plongeant ensemble dans les (très nombreux) tomes de la bande dessinée !

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