Au programme ce mois-ci : deux superbes découvertes manga, une BD marquante, de la plomberie sur grand écran et le point sur les anime en cours. Bonne lecture !
— Lectures
Manga
Akane Banashi
¬ Yuki Suenaga / Takamasa Moue - Ki-Oon
Profitant d’une opération temporaire de Manga Nova, qui a mis à disposition gratuitement l'intégralité des chapitres pour célébrer l'annonce de son adaptation animée, je me suis enfin plongé dans Akane-banashi. Ce titre m'intriguait depuis un moment, bien que le rakugo, cet art de scène japonais traditionnel où un conteur unique donne vie à plusieurs personnages, m'était presque totalement inconnu. Contre toute attente, la découverte a été une véritable claque. L'œuvre réussit le tour de force d'accrocher immédiatement le lecteur grâce à une introduction particulièrement émouvante, posant des enjeux dramatiques forts qui rendent l'apprentissage de la jeune Akane d'autant plus captivant à suivre.
Au-delà de la trale classique mais efficace du récit initiatique, le manga brille par son côté "apprentisage" et sa maîtrise visuelle. Transposer un art purement oral et théâtral sur un support statique comme le papier n'est pas chose aisée. Pourtant, la mise en scène graphique s'avère être une immense réussite : le dessin parvient à retransmettre l'énergie, les expressions et le rythme des performances, nous permettant de littéralement "vivre" les histoires contées. C’est un énorme coup de cœur qui, en plus d'enrichir ma culture sur ce pan du patrimoine nippon, m'a convaincu de lire la suite des prépublications sans hésiter !
Boys Run the Riot
¬ Keito Gaku - Akata
Boys Run the Riot aborde la question de la dysphorie de genre d'une manière particulièrement pertinente, en la mêlant à une aventure adolescente concrète : la création d'une marque de vêtements "street". Au début du récit, le protagoniste, Ryo, est enfermé dans un mal-être profond face à un environnement scolaire et familial rigide qui refuse d'accepter son identité. C'est sa rencontre fortuite avec Jin, puis avec d'autres camarades, qui agit comme un déclic. Ce projet entrepreneurial devient alors un exutoire et un vecteur d'émancipation, permettant au groupe de s'affirmer et de transformer leur sentiment d'exclusion en une force créative commune.
Le manga réussit à traiter de nombreux sujets complexes avec beaucoup de justesse, sans tomber dans le misérabilisme. L'évolution des personnages à travers la confection de leur marque apporte une dynamique positive et captivante à l'histoire. Enfin, un grand point fort de l'édition française chez Akata réside dans la qualité des notes de traduction fournies en fin de tome. Elles apportent un éclairage culturel indispensable pour mieux appréhender la réalité et la perception des questions de genre au Japon, enrichissant considérablement l'expérience de lecture.
Lecture dans le cadre du Club de Lecture de mai d'Artnachronisme
BD
Cet été là
¬ Mariko Tamaki / Jillian Tamaki - Rue de Sèvres
Découvert un peu au hasard sur les étagères de la médiathèque, ce roman graphique à su captiver mon attention au point de le lire d'une traite. L'histoire ne repose pas sur une action débordante, mais plutôt sur la chronique douce-amère d'un séjour de vacances à Awago Beach. Le récit adopte le regard de deux jeunes filles à la charnière entre l'enfance et l'adolescence, confrontées brutalement aux réalités du monde adulte. Entre les déboires des adultes, marqués par les crises de couple et les traumatismes familiaux, et le comportement de la jeunesse locale qui se cherche maladroitement à travers des erreurs non assumées, le livre dépeint le passage à l'âge adulte sans le moindre tabou.
Le décor de cette petite station balnéaire canadienne perd rapidement son vernis de carte postale pour devenir le théâtre de non-dits pesants. Le dessin noir et blanc, très expressif, participe activement à la narration en traduisant visuellement les émotions intériorisées et la perception changeante des personnages. À la fin de la lecture, on quitte cette maison de vacances vidée avec un vrai sentiment de mélancolie, portant le poids de ces trajectoires de vie croisées, tout en espérant des jours meilleurs pour chacun d'eux. C'est une œuvre intimiste et marquante, qui résonne encore après l'avoir fermé !
— Visionnages
Cinéma
Super Mario Galaxy
¬ Aaron Horvath / Michael Jelenic - Illumination / Nintendo
Après le succès du premier opus, cette suite directe, qui puise une grande partie de son inspiration dans l'univers des jeux Super Mario Galaxy de 2007 et 2010, confirme la solide formule d'Illumination et Nintendo. Sans être un gros joueur de la franchise, c'est un véritable plaisir de continuer à découvrir la richesse de cet univers sous forme de long métrage d'animation. Ce second volet s'avère un poil moins généreux en termes de profondeur narrative, mais il compense largement par son rythme. On apprécie tout particulièrement d'en apprendre davantage sur les origines de Peach et de voir débarquer une multitude de nouveaux visages iconiques de la licence (et pas que !)
Visuellement, le travail d'Illumination reste remarquable. Le film est une explosion de couleurs, l'animation est d'une fluidité irréprochable et les scènes d'action s'enchaînent sans nous laisser le temps de nous ennuyer. L'ensemble est truffé de clins d'œil et de références à l'histoire de Nintendo. S'il m'est presque impossible de toutes les saisir au premier visionnage, elles participent activement au plaisir de la découverte. Je n'en attendais pas grand chose mais j'ai été agréablement surpris !
Anime
Du côté des anime en cours, L'Atelier des Sorciers continue de monter en puissance au fil des semaines. L'adaptation réussit le tour de force de maintenir la superbe qualité d'animation de ses débuts, un défi de taille vu la richesse du trait d'origine. C'est exactement ce que j'attendais de cette adaptation, qui s'impose à juste titre comme l'un des incontournables de la saison.
En parallèle, je prends toujours autant de plaisir à suivre Tsugai : Daemons of the Shadow Realm. Le récit commence enfin à dévoiler ses véritables enjeux autour de Yuru, de sa sœur Asa et de leurs compagnons, même si le mystère reste entier et les questions nombreuses. Visuellement, l'adaptation reste tout à fait correcte et fait bien le travail, sans pour autant atteindre des sommets d'excellence graphique. Cela n'enlève rien à l'efficacité de l'intrigue, et j'attends la suite de leurs aventures chaque semaine !
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